J'ai marché jusqu'aux frontières du monde perceptible. Et je me suis mise à rêver.Tournoyer, danser, tourner, retourner, détourner. J'ai erré dans un monde irréel. Y croire. J'ai cru en ma chance, en ce que je suis. J'ai osé m'affronter, me reconsidérer. J'ai pu approcher mon reflet et le toucher du bout des doigts. Puis le vent a ouvert le feu et je me suis envolée. De bourrasques en bourrasques, de tourbillons en tourbillons, j'ai évité les cons, le froid, la grêle, la tristesse, la drogue, la peur, la honte. J'ai enjambé l'hypocrisie, l'homophobie, et toutes sortes de haines. J'ai sauté de fleurs en fleurs, de couleurs en couleurs , de sourires en sourires. J'ai soudoyé le passeur et j'y suis restée encore un peu. Et puis j'ai commencé à suffoquer, à ne plus savoir respirer. Je me suis sentie rejetée, persécutée et parfaitement seule. J'ai voulu m'arracher le c½ur, m'ouvrir les veines et me lacérer la peau. J'étais réveillée...